Il y a des mois à thèmes.
Le mois des bonnes résolutions, le mois du printemps, le mois d’Halloween, le mois des amoureux…
Et pis y’a les mois pourri. On connaissait déjà les lundis pourris, mais je viens de tester pour vous le mois pourri.
Concept un peu démoralisant il faut bien le dire.
Et je sais très bien, à la minute près, quand ça a commencé. J’ai senti le truc venir, très précisément. J’étais sur un scooter aux Saintes, sous une pluie battante, quand je l’ai senti. LE frisson meurtrier. J’ai eu froid. Sournoisement, le microbe est rentré en moi. C’était le 25 janvier. Nous sommes le 23 février et il est encore là.
Mais il a muté plusieurs fois.
Je ne suis pas hypocondriaque, loin de là, et plutôt, même, au contraire. Moins je vois les toubibs, mieux je me porte. D’ailleurs, je crois bien n’en avoir pas vu pour moi en 2009. Et depuis que j’ai pris cette décision de fréquenter le moins possible les « j’vous donne du doliprane, ça fera 24 euros », et bien nous n’avons jamais été aussi bien portants. Bon, y’a des domaines où je déclare forfait, comme les oreilles, parce que bon, on a un passif quand même. Mais disons qu’avec un traitement pharmaceutique, un rhume dure 7 jours alors qu’avec du miel et du citron chaud, le rhume dure 1 semaine, mon choix est fait !
Sans compter (enfin si, ça joue quand même) les fois où je suis rentrée dans un cabinet médical avec le diagnostique. Ca, ça agace surement, je dois bien l’admettre. Mais bon, je me souviens très bien d’une veille de long WE de 14 juillet, me sentir « pré-gastroentéritée » et choisir d’aller voir le médecin AVANT d’être vraiment malade. Le médecin avait passé 30 mns a essayer de me convaincre que j’avais un problème d’angoisse, et m’a prescrit des anti-dépresseurs au lieu du Smecta demandé.
J’ai vomi tout le WE….
Ou encore les pédiatres de grands hôpitaux qui m’ont assuré, à 2 reprises, que devant la taille et le poids de mes bébés, je n’arriverais JAMAIS à les allaiter. Ils avaient raison pour Gauvain puisque 1 mois après, on me disait carrément que mon lait était acide et que c’était donc à cause de moi qu’il avait un reflux. Vous pensez bien que j’ai arrêté net. Désolée, mais depuis, aucun de mes enfants n’a vu de pédiatres. Parce que peser et mesurer mon enfant, lui dire qu’il est obèse en l’engueulant et réclamer 50 euros, ça, je peux le faire !
Je passe aussi sur la première opération de Gauvain – les végétations – qui ont été ôtées à 14 mois (bon sang, 14 mois, que j’étais conne et jeune de laisser faire ça !) dans une clinique du centre de la France (j’ai rien contre le Centre de la France hein, c’est juste pour dire qu’on a voyagé donc on a testé des régions différentes !), à St Amand pour être précise, où soit-disant il allait tester une méthode révolutionnaire et qu’avec ça, tranquille pour la vie !
Que dalle ! I a fallu recommencer 2 ans après ! J’adore que mon fils soit endormi pour rien. La méthode révolutionnaire n’a pas eu d’écho, Gauvain n’était qu’un cobaye.
Et je ne vais même pas vous parler de son dernier ORL, à Pointe-à-Pitre, qui est en prison avec interdiction d’exercer (bon, j’avoue que là, ça me fait rigoler, un peu jaune certes, mais quand même, il n’a pas de bol hein ?) après avoir planté des opérations. Heureusement, pas celle de Gauvain.
Bon, donc, quand le microbe saintois a fait sa place dans mon organisme, je n’ai pas changé de mode de fonctionnement. Généralement, mal à la gorge, c’est tisane de miel/citron, lait chaud et boire beaucoup.
Ca a fonctionné ! Cékoul !
Sauf que le microbe est parti dans mes narines (je schématise hein, je sais bien qu’un microbe ne vit pas dans mes narines…). Donc nékicoule.
Pas grave, j’ai des mouchoirs.
Sauf qu’il a trouvé ça bien agréable et qu’il a monté son entreprise dans mes sinus. Alors là, c’est le scénario catastrophe. Déjà, une sinusite, ça fait super mal. Dès qu’on penche la tête, on dirait que le cerveau dégouline sur le côté. Et à chaque fois qu’on se mouche, c’est comme si des neurones partaient avec. Je vous passe les détails peu ragoûtants…
Au bout d’une semaine, j’avais toujours mal, et surtout, je commençais à manquer d’air la nuit. Après une nuit où je n’ai pu respirer que par les orteils (c’est une image, je sais qu’on ne respire pas par les orteils), j’ai appelé au secours ma copine Florence, médecin (qui va peut-être me haïr maintenant après tout le mal que je dis des toubibs).
Comme c’est une chic fille, elle est vite apparue avec une ordonnance d’antibiotiques.
La pauvre ne pouvait pas savoir que les microbes bretons sont très tétus. Le traitement m’a quand même permis de re-respirer à nouveau, ce qui est pratique quand même.
Encore une semaine se passe, je continue à me vider de mes neurones et à utiliser 12 mouchoirs par heure, quand le microbe, après avoir survécu au traitement, décide de se barrer dans mes bronches.
Encore une semaine se passe, à tousser, cracher, re-touser (surtout allongée, le top pour dormir) quand me vient l’idée, dans mon cerveau embué, qu’il va falloir peut-être consulter pour de vrai.
Pfff, tronul.
La toubib est gentille, elle me dit que c’est costaud mon truc quand même. Il faut passer au stade supérieur (gloups, ablation de la tête ???).
Re antibios (donc re intestins en vrac, bref), machin dans le nez, machin dans la gorge, sirop truc…
Un truc pas glop quand même, c’est la tension dans les chaussettes. Bizarre, impression de voler au-dessus du sol, de tomber aussi parfois, très space.
Me voilà sauvée…. me dis-je.
Bon, la suite est simple: je tousse toujours, j’ai des fourmillements partout, et maintenant, la moitié droite de mon crâne est toute lourde. Mal à l’oreille, aux dents, et surtout cette migraine de la mort qui tue sa race qui fait que même la lumière du jour est une agression. Et ici, la lumière est assez vive hein !
Mais quand j’ai loupé un dimanche en famille et entre amis sur la plage, le truc que j’attends dès le lundi, pour roupiller toute la journée, et me réveiller aussi naze, j’ai quand même pris peur. N’aurais-je pas, comme me l’a suggéré ma copine Sabrina, le cancer du sida ? (elle est mignone…)
Alors hier, de nouveau, médecin. Et là, une grande nouveauté !! Un traitement antibios !!! (on sent l’ironie là non ?). Des trucs dans le nez, des trucs à avaler…
Et surtout, surtout, SURTOUT, madame, faut vous reposer (ma main dans ta gueule aussi ?) (désolée d’êre vulgaire mais parfois, ça fait du bien) et prendre des vitamines. Des vitamines ? Ha oui, j’avais pas pensé à ça ! Ca existe pas des vaccins anti-fatigue ? Parce qu’à défaut de grippe A, pourrait faire fortune là les laboratoires.
Je m’en retourne donc ENCORE à la pharmacie. La gentille demoiselle me sert, puis je lui parle des vitamines.
Là, elle me regarde intensément (j’ai un truc sur le nez ou quoi ?), et pars dans les coulisses.
Elle revient avec une boîte et me porte LE coup de grâce:
JE VOUS AI CHOISI LA VERSION SENIOR !
Alors je le dis officiellement, là, je pars hiverner, jusqu’à ce que je n’ai plus l’air d’avoir 70 ans…. adieu.