Archives pour la catégorie Instruction en famille

Juliette et Stanley

On ne change pas une équipe qui gagne et les voyages fabuleux de nos deux copains de papier ont repris de plus belle. Juliette vient de nous envoyer des photos et un reportage de son séjour à Tours et ses environs, très bien documenté et passionnant.

 

Vous pouvez retrouver les aventures sur le blog que Morgane (et Ronan à sa façon maintenant) tient à jour. Et je peux vous dire que c’est un vrai boulot. Rien qu’aujourd’hui, elle y a passé 2h. Allez découvrir nos beaux paysages et les aventures des citoyens du monde.

 

Et nous cherchons des volontaires au 4 coins du monde !

 

Stanley et Juliette

 

 

Quelques activités pour les petits.

On m’a demandé de mettre de temps en temps ce que je fais avec Ronan.

 

Alors voilà une activité qu’on pourrait classer dans « physique ».

Il a une bouteille d’eau et doit remplir 4 verres d’eau identiques avec la même quantité.

Spafacile !

 

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Et puis depuis quelques semaines, Ronan accepte de participer aux ateliers créatifs du mercredi. En fait, il ne supportait pas que maman soit occupée avec les autres et pas lui. Je n’ai pas insisté, je l’ai laissé venir petit à petit et maintenant, il accepte quand je lui dis « je suis avec K, tu attends ton tour ».

 

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Et puis avec Thomas, venu passé la journée à cause d’une grève, on a collé des graines:

 

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Je ne vous montre pas les moments plus « basics » où l’on fait des activités de graphisme, de calcul, etc.

 

Et pensez à un truc simple pour les petits qui doivent apprendre les constellations sur les dés, ben…jouez aux dominos. Ici, c’est un jeu nationnal, y’a même des tournois !

 

 

Tous les mercredis, on va à la médiathèque du Lamentin, et on emprunte des livres audios. Parfois, le soir, quand il devient trop difficile de rester calme en attendant le repas, je mets un conte dans la cuisine et Ronan s’asseoit pour écouter.

Là, il a voulu aussi m’aider et le temps d’aller chercher un truc ailleurs, il avait grimpé….

C’est gentil sur le principe, et il continuait d’écouter son conte.

L’IEF

ON a décidé que l’école était la seule entité capable de juger du niveau des enfants. Niveau de quoi d’ailleurs ? Le niveau de mériter passer au niveau supérieur justement ? Celui de mériter une note qui le « classera » par rapport à ses camarades ? Et quand, vers 16 ans (au pif hein  ), on doit choisir une orientation, celle-ci ne se base pas sur les réussites, mais sur les lacunes. Genre, tu vas faire S parce que t’écris comme un pied et t’es nul en français. Et donc si tu fais S, ben tu feras partie de ceux qui feront de longues études pour être … médecin (j’ai presque rien contre eux, faut pas croire, c’est juste un exemple).

Comment aimer l’école quand on se sent enfermé dans cet univers de « quite ou double ». Soit t’es bon, et alors l’école est LA solution pour toi, soit t’es nul et bon, ben, c’est dommage mais tu vas devoir envisager que ta vie va être un peu merdique, non ? (merdique signifiant bien sur pas bien rémunérée).

Et entre la réussite absolue (comprendre environ 23 ans d’études avec 17 de moyenne minimum) et l’échec total (ne pas aimer l’école et vouloir vite vite la quitter), y’a ….. je sais pas moi ….. ben …. RIEN.

 

Et pourtant, l’école n’est pas la seule cellule capable d’évaluer le mérite d’un enfant. 

L’école a oublié que c’est parmi les autres que l’homme revèle sa vraie nature.

Et aujourd’hui, à une maman me demandant « mais vous n’avez pas peur que vos enfants ne soient pas intégrés dans la société ? », au lieu de faire comme le chien sur la tablette arrière de la voiture qui hoche la tête en faisant oui, j’ai répondu « mais vous n’avez pas peur que vos enfants loupent tout ce qu’il y a de chouette dans la vie à force d’aller à l’école ? »

C’était pas très fairplay, je l’admets, mais bon, y’a des fois, elle me gonfle cette idée que seule l’école à le monopole de l’évaluation de … quoi d’ailleurs ? Je ne sais toujours pas. De la vraie vie peut-être…

Savoir faire des divisions à virgules à pile 10 ans ?

Connaître le déroulement de la première guerre mondiale à 12 ans 1/3 ?

Ecrire l’imparfait du conditionnel sans faute pour passer en 5ème ?

 

Et puis si l’école était si complète, pourquoi avoir besoin de rallonger le temps de cours (6h par jour en primaire, les élèves français sont ceux qui restent le cul sur leur chaise le plus longtemps en Europe par jour, pour les résultats les plus médiocres) en donnant des devoirs aux enfants. 

Et si plutôt que des devoirs, on leur donnait des droits. Le droit de développer un art, une tendance à la musique, le droit d’écrire des poèmes sans respecter les règles d’écriture qui datent de plusieurs siècles, le droit d’apprendre à faire les choses simples de la vie de tous les jours, en prenant juste parfois, le temps de l’écoute et de la patience. Ca, la patience, je n’en ai pas tous les jours, mais j’ai remarqué quelques petites choses simples:

– quand Ronan m’aide en cuisine, il a souvent ensuite envie de faire de la peinture ou d’écrire. Comme si de manier le couteau ou la fourchette lui donnait envie de se servir de ses mains.

– quand il va prendre son goûter dehors, il revient en demandant ce que font les drôles de bêtes noires dans les maracudjas et alors sa soeur lui explique (avec ses mots, c’est parfois très drôle) la pollinisation.

– quand il s’ennuit et que je le laisse s’ennuyer, il revient avec des questions existentielles qu’il a dû aller chercher loin dans son esprit.

– quand il a faim, je l’ai déjà vu sortir oeufs, beurre, farine et nous dire « ben moi je me fais un gâteau ! »

Alors je me dis que je suis incapable d’évaluer mon fils par rapport à d’autres enfants de son âge. Je ne sais pas comment les autres enfants réagissent. Je sais juste que ce petit bonhomme-là m’a appris que quoiqu’il arrive, les choses se font. Il peut rester des jours entiers à jour aux kaplas et aux playmobils, à nager et à faire de la peinture, et je commence à me dire que j’en ai fait un bienheureux un peu neu-neu, et puis d’un coup, pendant 3 jours, il va s’asseoir à table, prendre des feutres, écrire, dessiner, compter et d’un seul coup, je réalise que tout ce que je lui ai montré, il l’a retenu. Parfois, cela remonte à plusieurs semaines, c’est assez troublant.

C’est comme ça qu’il a écrit son prénom après 15 jours sans avoir RIEN fait (c’est ironique, je veux dire rien fait par rapport à un système scolaire), qu’il sait associer une quinzaine de minuscules à leurs majuscules correspondantes, qu’il sait écrire tous les chiffres (et à l’endroit – vieux souvenirs des chiffres inversés de Gauvain), et pof, il retourne dans son monde enfantin et sans contraintes (je veux dire sans contraintes scolaires) pendant quelques jours où des fois, vieille habitude, je me redis que j’en ai fait un bienheureux un peu neu-neu.

Je n’en suis pas encore au stade de le laisser apprendre comme il veut, de lui-même. Je ne peux m’empêcher de glisser quelques remarques « scolaires » de temps en temps. De choisir des jeux de société un peu éducatifs tout de même (il a sa soeur pour les autres jeux  ). Mais je sais que même si je ne faisais rien, il finirait par savoir.

Savoir quoi ? Ben je suppose que ce qui est important, c’est de lire et écrire ? Moi je me dis que ce qui est important, c’est d’AIMER lire et écrire. Et là, j’ai un rôle à jouer. Je crois. Peut-être. Mais pas que moi.

Parce que l’IEF, l’instruction en famille, c’est aussi l’échange et le partage:

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Des cours de sciences d’un frère à sa soeur, dehors…

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Après la lecture d’un livre sur les chevaliers:

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(je ne me souviens plus que le héros avait des lunettes de soleil dans l’histoire)

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Apprendre à couper en 2, puis en 3, puis en 4, tout en aidant maman (c’est du giromon qu’il coupe et oui, avec un couteau qui coupe vraiment, c’est moins dangeureux qu’un couteau à bout rond sur lequel il faut appuyer très fort pour un résultat nul et qui risque de glisser violement)

Des fois, on sent l’agacement qui pointe quand le problème de maths semble poser un problème (arf, c’est sur qu’avec un nom comme ça, c’est pas engageant).

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(vous voyez mal, mais les yeux sont noirs et les sourcils froncés).

Ils n’ont pas « la belle vie », ils ne sont pas surprotégés. Ils ne sont pas introvertis ni timides, ils ne sont pas hors du monde. Ils mettent le couvert, débarassent la table et il faut les rappeler à l’ordre comme tous les enfants, ils jouent à l’ordinateur et à la console et il faut les rappeler à l’ordre comme tous les enfants, ils se disputent, se font disputer ou punir, ils laissent traîner leurs affaires partout, ils savent où se trouve le Japon et comment fonctionne les plaques tectoniques, et même depuis peu, ce qu’est un risque nucléaire, ils font du sport, ont des copains et des copines, invitent et sont invités, râlent pour aller au lit, et ils y vont quand même à 20h, comme tous les enfants.

Ils ne vont pas à l’école, c’est la seule différence. 

Une matinée chez nous.

Le rythme commence tout juste à s’installer. 

Voilà donc en images, des bouts de notre matinée (les photos sans la date ont été prises hier avec mon appareil qui a bien voulu en prendre 2 puis plus rien, les photos avec la date sont possibles grâce à Cynthia, lectrice de mon blog, que j’ai rencontrée hier et qui me prête son « vieil appareil » le temps que j’en trouve un. Merci Cynthia, je vais pouvoir me rattraper).

Lecture d’un livre sonore. Le principe est simple: à chaque page correspond un son du quotidien (vache, grenouille, orage, ambulance) et on tourne les pages au fur et à mesure que le CD égrène les sons. A la fin des fichiers, des devinettes. Ronan adore ça ! On emprunte ces livres à la médiathèque.

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Après la lecture d’un album d’Elmer (un éléphant bariolé qui cultive les différences), on décide de colorier les cases d’Elmer. On y est depuis 15 jours mais on ne désespère pas de voir l’éléphant entièrement colorié un jour)

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Laurence nous a prêté de chouettes jeux. Le préféré de Ronan est celui qui sert à apprendre à compter. Ronan dénombre jusqu’à 10. Pas juste en récitant la comptine numérique, mais en sachant qu’il faut 3 pour aller de 7 à 10. Là, il devait mettre les chiffres dans l’ordre.

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Là, grâce aux graines de l’Awalé (mais n’importe quoi peut faire l’affaire), il place le même nombre de graines sur la bonne carte.

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J’ai lâché l’appareil quand ils se sont attaqué à la peinture, valait mieux.

Morgane a aussi bien bossé ce matin:

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Un peu de miel.

« L’instruction est dispensée de manière assidue par des parents motivés et compétents dans le domaine de l’éducation qui se sont donné les moyens de procurer des supports et un parcours d’apprentissage de qualité à leur enfant. Morgane semble très épanouie et arbore une relation franche et saine avec une personne extérieure. »

 

Voilà un morceau de la conclusion du rapport de l’inspecteur d’académie. Je vous épargne la partie pédagogique qui ne peut elle aussi que mettre du baume au cœur.

Mais rien n’est plus important pour moi que de savoir ma fille redevenue curieuse et souriante, comme avant l’école, qu’instuite et savante. Parce que l’intelligence scolaire n’a jamais rendu heureux (mais en plus elle cartonne dans les matières académiques, que demander de plus ?)

 

En partant, « notre » inspecteur nous a dit « à l’an prochain ».

 

Trop d’la balle !

 

Mais voilà maintenant 2 ans que tous les jours, ou presque, je deviens quelques heures l’instructrice de ma fille. Ce travail est familial, et s’étend même à notre cercle amical.

 

Il y a surtout ce miel distillé par notre entourage, notre famille. Rarement ils ont douté, jamais ils n’ont critiqué, toujours ils ont respecté. Et c’est très porteur.

 

Alors même si tout le monde ne lira pas, je voudrais juste dire merci.

 

Merci à Fanny de nous avoir ouvert les portes du lieu de travail de son mari et de son lieu de vie pour permettre à Morgane de faire des activités que nous n’aurions pu lui offrir sans cela (judo, gym, danse tahitienne, danse country, mosaïque…).

Grâce à cela aussi, nous allons au cinéma quasiment une fois par mois cette année, bien plus que ce que nous pouvions nous offrir en métropole.

Tout cela contribue à l’épanouissement de Morgane.

Et merci aussi à Fanny de supporter mes critiques sur l’ancienne école de Morgane, qui est celle de ses enfants, et de garder le sourire (hihi).

 

Merci à Laurence de donner de son temps, en échange, quand c’est la saison, d’avocats et de bananes, pour enseigner à Morgane l’anglais avec autant de bonne humeur. L’inspecteur à demandé 2 choses à Morgane : situer l’Allemagne sur une carte et lire un texte anglais.

Et comme le dit Laurence : L’an dernier, Morgane essayait de parler anglais (et c’était trop drôle à entendre) mais cette année, elle parle anglais !

Et j’ai été moi-même surprise.

Merci Laurence pour nos conversations inépuisables sur l’éducation des enfants, qui me permettent, quand je doute ou quand j’ai peur (espèce de parent va !) de prendre le recul nécessaire et de retourner à la tâche, pas toujours facile, d’avoir envie de parler grammaire et division encore un peu. Merci aussi pour tes idées clairvoyantes.

 

Merci à toutes les 2, à Catherine aussi, de m’avoir prêté les manuels utilisés par vos enfants qui sont dans la classe au-dessus. La plupart de mes ressources sont issues de ceux-ci. Merci Catherine pour les liens, les sites, les pistes que tu me distilles à longueur d’année (là, la radio est allumée, nous attendons les épreuves orales de calcul mental de la Guadeloupe ;-))

 

Merci à Bertrand d’avoir accepté de laisser une pièce entière à notre école (il voulait en faire une salle vidéo, arf !).

 

Et puis le soutien. Celui de mes chères mamaoûts, d’Ariane qui m’envoie du scotch et du papier (et elle pense aussi à moi, m’envoie de la musique et des livres, c’est un ange), de Bédi qui a toujours un commentaire gentil et encourageant, du troupeau tout entier.

Merci aussi à mes Valdoisettes favorites qui malgré leurs vies trépidantes parisiennes n’ont jamais critiqué nos choix.

 

Même ma grand-mère ne voit pas pourquoi cela pourrait poser un problème….

 

Merci merci.

 

Morgane est en vacances jusqu’en juillet. Je vais donner mon temps à Gauvain qui passe bientôt son brevet. En juillet, on reprend tranquillement les cours, parce que pas d’école, ça veut aussi dire pas de vacances ! Et on a un rythme qui permet de se reposer quand on en a besoin, de travailler quand on en a envie (même si c’est un mercredi…)

 

Bon, en attendant, demain, on danse sur scène, alors on retourne s’entraîner sur la terrasse pour améliorer notre tamure.

Les grands changements de la rentrée (Ch 2)

Alors demain c’est la rentrée…. pour Gauvain.
Il rentre en 4eme et demain, il va avoir son emploi du temps, ses livres…
Puis il commencera son année scolaire jeudi.

Mais demain, c’est aussi le début d’une nouvelle aventure familiale.
Officiellement, pour la loi, Morgane sera demain descolarisée pour être instruite en famille (c’est à dire avec nous à la maison).

Pour plein de raisons et d’autres encore, je ne parlerai pas ici de ce quotidien-là, car j’ai fait un blog spécial pour ça, que Morgane m’aidera à écrire. Si vous en souhaitez l’adresse, demandez-là moi par mail, je préfère. Je l’ai commencé en avril, quand je ne savais pas encore quelle décision nous allions prendre.

Mais demain nous penserons très fort aux petits écoliers du primaire qui feront leur rentrée et nous leur souhaitons à tous une très bonne rentrée et plein de bonnes choses.

Les grands changements de la rentrée (Ch 1)

Bon, on n’en a pas parlé avant, mais là, ça se précise bien. Et puis finalement, on en a parlé partout en live, donc ce n’est plus un scoop.

Donc voilà, dans quelques semaines, nous serons propriétaires à Baie-Mahault de cette villa située pas très loin de celle que nous louons actuellement:

 

Je ne vous montre pas les intérieurs car comme toutes les pièces sont peintes en blanc, on ne voit pas la différence entre un mur blanc et un autre mur blanc.

Mais l’essentiel est là: 4 chambres, un grand espace à vivre, une terrasse et un jardin ni trop petit, ni trop grand.