Oui, il va être grand temps que je vous parle de l’école ici. Ca fait 3 semaines que ma troupe a fait sa rentrée. Je voulais faire un reportage photos, mais à chaque fois que j’y suis allé, j’avais oublié mon APN.
Le 24 août, Morgane a pris le chemin du collège, après avoir passé sa primaire à la maison, en homeschooling. Ce n’est pas ma décision, c’est la sienne. Tous les ans je lui ai bien dit qu’elle pouvait changer d’avis quand elle le voulait. La primaire, il n’en était pas question. Mais le collège, elle en rêvait !
Mais la grande question était: mais comment revenir dans un système normal quand on a fait école à la maison ?
Cela ne fait que 3 semaines, et l’école ici est différente, mais entre l’entrée de Gauvain en 6eme, pourtant toujours scolarisé, et l’entrée de Morgane au collège, la différence est de taille.
Le seul stress qu’elle avait était de savoir si l’uniforme allait lui plaire. (Et non, ça ne lui plait pas).
Donc non, ce n’est pas parce qu’on est instruit hors de l’école qu’on est seul(e). Et ce n’est pas non plus pour cela qu’on est fusionnel avec le parent instructeur. Et non, on ne s’ennuie pas. Morgane est partie à l’école sans apriori, pleine de bonne volonté, très contente de découvrir le monde du collège.
Mais on commence tout juste à prendre le rythme. Les 2 premières semaines ont été épuisantes. Là je dirais que ça commence à rouler.
L’école du Nord est une école qui rassemble dans le même espace les maternelles, les primaires et les collèges. C’est une grande structure et pourtant, quand on rentre dans les locaux, on a l’impression de rentrer dans le jardin d’un particulier (je ferai un reportage photo bientôt.).
C’est une école privée mauricienne à programme français. Cela signifie que les programmes dispensés sont en [presque] tous points conformes à ceux prodigués dans un collège en France.
MAIS (et là est, de mon point de vue de maman, le souci majeur de ce genre de structure) cette école n’accueille qu’une certaine partie de la population, à savoir, pour être franche, les enfants de personnes aisées (je ne dis pas « riches » parce que si j’ai bien compris, les enfants de parents « riches » vont de l’autre côté de la rue, dans l’école anglaise… hihihi).
Donc pas de brassage des cultures, pas de brassage des enfants, et une uniformisation des niveaux scolaires. Les taux de réussite au brevet et au bac culminent, et en font, comme beaucoup d’écoles françaises à l’étranger, de très bonnes structures. Il n’y a pas de mystère à élucider (du genre on donnerait des potions étranges à nos enfants pour qu’ils réussissent mieux), mais un constat simple: ces écoles coûtent la peau des fesses (et la cellulite qui va avec), les professeurs sont motivés (enseigner dans un cadre pareil, ben les places sont chères et ça donne envie quoi !), et quand un enfant est en difficulté, ce qui arrive forcément, tout un réseau de professeurs se mobilise. L’école a les moyens d’une magnifique salle informatique, d’un gymnase tout neuf, de salle de motricité pour les petits, de bibliothèques pour chaque niveau, de proposer des activités extra-scolaires intéressantes, d’un cadre de vie qui remet l’enfant au centre des préoccupations (plutôt bien pour une école nan ?). Mais y’a pas de miracle, y’a de la thune !
On n’a pas trouvé l’école parfaite, mais on touche du doigt la solution de certaines lacunes des établissements précédents où a été Gauvain, et où vont les enfants de nos copains et amis…
Ceci dit, le niveau est élevé. Déjà, en anglais, le manuel de 6eme est en fait le manuel de 5eme. Les enfants qui ont déjà fait leur primaire à l’Ecole du Nord parlent anglais. Morgane s’accroche, c’est difficile. Certains enseignements sont dispensés entièrement en anglais: arts plastiques (moi ça me vaut des crises de fou rire le soir quand Morgane me raconte ce qu’elle pense avoir compris des consignes, chui pas charitable), SVT (sciences nat quoi !), EPS (sport: go go go ! Stop ! fastoche), une partie des maths (la partie géométrie et logique). Ce qui fait, en ce moment, 11h d’anglais dans la semaine. Bien sur, il y a les heures d’anglais pures dans le lot.
Mais au second semestre, la SVT sera en français.
Morgane a un petit souci qui la gène, mais je suis sûre que ce sera l’affaire de quelques jours, c’est qu’elle n’a aucun complexe à participer, à lever la main, à répondre, à s’investir en classe. Pas timide pour 2 sous, elle veut TOUT comprendre. Elle a été cataloguée d’intello. Et ça l’a met en colère car elle ne comprend pas pourquoi avoir envie de comprendre peut poser un problème. Elle était aussi en colère parce que le prof de maths ne l’interroge pas assez souvent à son goût alors qu’elle connait toutes les réponses et qu’elle a eu 18 au contrôle. Donc j’essaye de lui expliquer que comme il y a beaucoup d’enfants dans la classe, chacun doit avoir sa chance et que comme son professeur sait qu’elle sait, ben il essaye de faire comprendre à ceux qui savent moins.
J’ai bien senti que ma réponse lui semblait un peu étrange.
Et certains enfants font 2 langues vivantes dès la 6eme. Ceux qui sont déjà bien calés en anglais font donc anglais ET espagnol.
Les horaires sont, pour Morgane, de 8h le matin à 14h30.
La pause est de 40 mns le midi. C’est très court, mais c’est très bien aussi en comparaison des 2h30 de la Guadeloupe, où l’enfant qui rentrait chez lui n’avait plus du tout la motivation de repartir à l’école et où l’enfant qui reste à la cantine doit être occupé pendant 2h30 par du personnel pas toujours très compétent. Là, pas question de rentrer chez soi, les enfants mangent, dehors, car il n’y a pas une salle fermée servant de cantine, et gèrent complètement leur temps de pause.
Il y a des tables de pique-nique abritées soit des arbres, soit des parasols, et certaines tables se trouvent sous un préau. Les enfants sont libres de naviguer dans l’établissement.
Pour les repas, 3 options possibles (attention, prise de tête assurée au début):
– On inscrit l’enfant à la cantine, et pour 85 roupies, il a son plat principal complet à aller chercher au comptoir. On peut rajouter un dessert parmi une liste, ou l’enfant peut amener le sien. Pour 85 roupies, c’est seulement le plat. Par contre, pas de gaspillage. Si l’enfant est un chipoteur, il y a la possibilité de prendre un mini-repas à 70 roupies. La quantité sera moindre. Dans ce cas, l’enfant n’a pas d’argent sur lui, très bien pour les primaires par exemple.
– l’enfant prend de l’argent avec lui le matin, et va acheter, avant le début des cours, des tickets correspondants à des sandwichs, croque-monsieur, panini… Le midi, son sandwich sera prèt, il ira le chercher, en échange du ticket correspondant, au comptoir.
– l’enfant emmène sa lunch-box tous les jours. Pour ce cas, l’Ecole du Nord vend des sacs isothermes aux couleurs de l’école et de l’uniforme.
Pour Morgane, c’est cantine 3 jours dans la semaine, et lunch-box ou sandwich 2 jours dans la semaine. Mais on peut changer tous les mois. Et surtout, comme on a le menu de tous les jours 1 mois à l’avance, on peut aussi choisir selon les goûts.
La pause déjeuner est de midi à midi 40.
Et l’école reprend pour 2h de 12h40 à 14h40.
Pour le transport, vivent les bus !! Ils viennent chercher les enfants au portail devant la maison à 7h10 (ça c’est très très dur pour tout le monde, on n’a vraiment plus l’habitude), et les redépose à 15h environ, toujours devant la maison. En cas de panne de voiture ou autre, pas de problème (et ça, ça change la vie, je suis au paradis ici par rapport à mon rôle de taxi en 4 ans de Baie-Mahault).
Ce qui reste encore du temps pour aller à la plage. Enfin, ça, c’est ce qu’on se disait mais les devoirs sont si chargés et les enfants si fatigués que pour le moment, on est toujours restés bien tranquille à la maison. La seule solution est de se coucher tôt, et pour cela, ben faut manger tôt, se doucher tôt…. La plage, ce sera quand il fera trop chaud pour rester dedans, qu’il n’y aura pas trop de devoirs et que je serais assez organisée dans les repas, les lessives d’uniformes… Ca va venir, pour moi aussi le rythme a changé, enfin surtout, maintenant, y’en a un… de rythme 😉
Pour Ronan, qui est cette année en GS, il y a quelques différences:
– les repas sont apportés directement devant sa classe et il y a de petites chaises et de petites tables devant sa classe pour manger (d’ailleurs, ils font aussi parfois carrément classe dehors). Je ne sais pas comment cela se passe quand il pleut fort, mais je suppose qu’il y a une solution. Ronan pourrait apporter aussi son repas dans un sac isotherme, mais il va déjà s’habituer à mettre des chaussures toute la journée, un uniforme et arrêter d’oublier son gilet au porte-manteau avant de penser à lui confier une lunch-box.
– Il termine le mercredi à midi et le vendredi à 11h30. Ces deux jours-là, il rentre seul par le bus. Et il mange avec moi. C’est d’ailleurs très agréable ce petit moment avec lui. Il en profite, jusqu’à maintenant, pour faire la sieste. Pareil, la plage, on verra ça plus tard… Donc avec ces 2 siestes par semaine, parfois 1 de plus le WE, on arrive à tenir le rythme. Autant les 2 premières semaines il avait des cernes et s’est même endormi dans mes bras lors d’une réunion, autant cette semaine écoulée, il semble mieux.
– L’enseignement est vraiment pour moitié complètement en anglais. Le mardi et le mercredi, c’est la maîtresse en français, le jeudi et le vendredi, c’est la maîtresse en anglais. Et le lundi, c’est une semaine sur 2. Mais Ronan est comme son grand frère, il ne me raconte RIEN (contrairement à Morgane qui peut refaire minute par minute le déroulement de sa journée). Quand je lui demande ce qu’il a fait, il me dit que c’est un secret. Mais il a de petites répliques en anglais bien rigolotes qui éventent un peu le secret (maman, donne-moi three feutres, un blue, un rouge et un yellow…. spagagné !)
La maîtresse m’a dit que la première semaine, il ne voulait pas rester assis très longtemps, que sa concentration devait être aussi élevée que celle d’un poisson rouge (heu non, en vrai, ça c’est moi qui le dit !! ) mais mardi dernier, elle m’a dit que c’était bon, il était vraiment dans la classe et participatif, bien mieux que certains petits scolarisés depuis longtemps. Non pas que j’en doutais, mais je sais que cette question revenait souvent. Moi je crains surtout un changement de son comportement. Ronan est un pacifiste qui est très sensible aux cris et aux insultes, et encore plus aux bagarres. Il s’est bagarré une fois avec son copain Thomas à la plage, et avait pleuré toute la soirée en y repensant, super traumatisé.
Mais pour le moment, il a l’air de gérer, et ça a l’air surtout de bien se passer.
Gauvain est, quant à lui, au lycée des mascareignes, une petite structure, au centre de l’île. Il part de la maison vers 6h50, ce qui est plus tard que quand il allait au collège en Guadeloupe. Par contre, il termine à 15h30 tous les jours. Ca fait de longues journées. Et puis il faut bien admettre que le niveau est balaise quand même. Pour les mêmes raisons évoquées pour le collège, le pourcentage de réussite au bac frôle les 100%. Il est en première et passera donc (je dis « donc » mais j’ai découvert ça cette année) son bac de français et son bac d’histoire/géo en juin. Y’a du boulot ! Et encore, il n’est pas en filière littéraire…
Il m’a dit clairement qu’il était très content d’être là, qu’il avait envie d’aller au lycée tous les matins, qu’il avait plein de copains et qu’il s’y plaisait bien mieux qu’en Guadeloupe…. ouf !
(Ronan et Morgane, le jour de la rentrée).