Le départ.

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Changer de vie, par choix, c’est une grande chance. Certains se voient arracher leur maison car ils ne peuvent plus la payer, ou parce que des couples se séparent, ou pour des raisons plus graves encore.

Nous, nous avons choisi de partir, de nous séparer de notre maison, de mettre toutes nos affaires dans un camion et de faire plusieurs milliers de kilomètres. Nous avons beaucoup de chance parce que nous ne fuyons rien. A Jagny, nous avions une belle maison, du travail, des amis, de chouettes voisins, une école géniale, un environnement sympa.

Et puisque nous ne partons pas pour fuir quelque chose, nous n’espérons pas trouver « mieux » ailleurs, mais juste autre chose.

 

Ceci dit, même si tout cela était prévu et organisé, voir partir sa maison sur un camion, ce n’est pas évident à vivre (ça doit même rentrer dans le top 20 des expériences traumatisantes de ma vie).

 

Dans ces 30m3, il y a des choses essentielles pour moi.

Mon jean’s fétiche dans lequel j’espère rerentrer un jour, mon pull tout moche dont je n’aurai plus besoin mais spagrave, les supers chaussures de d’jeune que mon mari m’a offert et qui me donnent l’impression d’avoir encore 15 ans.

Y’a mes CD de Renaud, de Goldman, les albums de bébé de mes bébés…

 

Et surtout, ma première carte de fête des mère et son poème récité par un petit garçon tout timide et tremblant il y a 7 ans, mon porte crayon en pâte à sel (j’étais psychologiquement prête depuis le jour où mon fils est rentré à l’école à recevoir un collier de nouilles, et même pô, c’est pas juste, je VEUX mon collier de nouilles), la radio de la fracture du coude de mon petit (la plus grande frayeur de ma vie, directe au top 10), sa première mèche blonde et bouclée dans un petit flacon, son premier bulletin scolaire (peut mieux faire…).

Pis y’a aussi des photos de la plus belle princesse de 6 ans que j’ai jamais vu, sa première dent de lait tombée la semaine dernière, ses écritures qui envahissent la maison et que j’ai gardées dans une pochette, sa peluche de tigre (tigresse, pardon) grandeur nature qui prend 1m3 à elle toute seule, l’empreinte de ses 10 doigts dans le plâtre, sa collection de colliers, tous ces souvenirs qui me rappellent ma propre enfance.

 

C’est dans cette maison et au milieu de ces meubles que j’ai porté et materné mon dernier bébé, mon trésor, ma richesse. Ce beau bébé qui a terminé mon parcours de mère, et qui me fait rajeunir chaque jour.

 

Toute ma vie est dans ce camion.

Putain, y’a pas intérêt qu’il coule le cargo !!!

10 réflexions au sujet de « Le départ. »

  1. maman

    Je veux juste te dire que je t’aime, que tu es la fille la plus géniale que j’aurais voulu avoir, ca tombe bien. Prend soin de mes petits enfants et surtout profte de cette aventure au maximum. je sais pas quoi te dire de plus….

  2. sandrine - greenlagon

    coucou Kriss !
    je vous souhaite plein de très très beaux projets ! Plein de bonheur à vous tous !! profitez bien de cette nouvelle vie qui s’offre à vous !! bisous !! greenlagon

  3. nounette

    Je suis contente d’avoir lu cette page après avoir appris que le container était bien arrivé
    et moi aussi j’ai un tout petit peu pleuré en te lisant (un tout petit peu, hein, j’ai été interrompue par mon ptit gluon qui me tendait sa poupée russe pour que je l’aide à la démonter, eh, t’es pas la seule à rajeunir parfois)
    du coup je me demande si je garderais mes platform shoes en latex imitation python mauve, celles que j’ai apportées chez toi, si je devais faire le voyage que tu fais
    je crois que ce que je garderais en tout cas, c’est la bicyclette en fil de fer rouge que mon frère jumeau m’a offerte à 10 ans, et qui a déjà traversé 9 déménagements entre les Pays de Loire, le Nord, Rhône Alpes, la Normandie et l’Ile de France.
    Je sais. C’est l’idée que je m’en fais. C’est pas juste une bicyclette en fil de fer rouge. Et mes enfants (quand j’en aurai 3 à mon tour !) lui réservent probablement un sort sinistre … Voilà, c’est un petit bout de mon coeur, c’est juste pas possible de la poser là et de l’abandonner. C’est pour ça que ça me touche, ce que tu écris. Un jour moi aussi j’aurai une première dent de lait à emporter … merci pour ce si joli moment d’émotion …
    Et chuis rudement contente de savoir que le bateau est bien arrivé !

  4. Kriss

    Et avant de parler de dents qui tombent, laisse ta fille déjà en sortir une.
    (Je pouvais pas la laisser passer celle-là)

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